Engagement actionnarial, une pratique ISR prometteuse.

Novetich a publié en février 2011, une étude sur les pratiques d’engagement actionnarial : elle porte sur l’implication des investisseurs dans les décisions d’assemblées générales et dans le dialogue avec les entreprises pour faire évoluer leurs pratiques dans une logique d’actionnariat responsable,  dans les domaines de l’environnement, de la responsabilité sociale et de la gouvernance.

Les investissements répondant à ces pratiques sont évalués par Eurosif European Study à 1 500 Mrds € soit 30% des 5 000 Mrds € comptabilisés en ISR en Europe.

En France, Novetich estime à 41% des actions détenues par les investisseurs ISR la part relevant d’un actionnariat actif.

« Engagement », en anglais dans le texte, engagement actionnarial, actionnariat actif, activisme actionnarial, dialogue actionnarial recouvrent en fait des pratiques bien différentes : de la recherche d’informations complémentaires aux données financières dans les domaines de l’environnement, des pratiques sociales et de la gouvernance, à l’instauration d’un dialogue dans la durée avec les directions générales sur les thématiques du développement durable.

Deux tendances se dégagent :

l’une militante, supportée par les associations et les ONG, qui s’appuie sur la communication et la médiatisation pour influer sur les décisions des entreprises,

l’autre, plus gestionnaire, qui repose sur un dialogue avec l’entreprise sur sa responsabilité environnementale, sociale et  de gouvernance pour apprécier, dans le long terme, la pérennité de ses résultats et  la réduction de ses risques.

C’est cette approche qu’Edmond de Rothschild Asset Management, EDRAM, a intégré depuis fin 2009 au protocole de gestion de son fonds phare « Tricolore Rendement ».

La démarche a pu surprendre mais elle est cohérente avec un mode de gestion qui repose sur une sélection rigoureuse des valeurs, dans une perspective à moyen et long terme. Le dialogue sur les critères ESGP, Environnement, Social, Gouvernance, Parties prenantes, afin d’améliorer les pratiques des entreprises, enrichit le processus de gestion traditionnel et complète la relation déjà engagées sur les critères financiers.

Ces activités d’Engagement sont communiquées dans un Reporting trimestriel. Pour conserver un caractère positif et constructif au dialogue actionnarial, la société de gestion veille à l’anonymat de ses interventions mais elle publie régulièrement ses positions sur les votes de résolutions en assemblée générale.

Il restera à obtenir un label ISR pour marquer l’aboutissement de ce processus.

La conversion de tricolore Rendement a été perçue très positivement par la clientèle institutionnelle, même si elle a   encore un impact limité sur la clientèle privée et les conseillers en gestion de patrimoine.

Ainsi, EDRAM a fait son entrée en tête des sociétés de gestion sur le marché ISR français, sur la classe actions, avec 2,7 Milliards € d’encours, loin devant Robeco, Natixis ou Amundi.

Selon l’étude publiée par Novethic, le marché de l’ISR  français a bondi de 35% en 2010, à 68,3 Mrds € (après une croissance de 70% en 2009).

L’augmentation des encours tient en grande partie à la conversion de fonds existants. Mais, pour la seconde année consécutive, l’investissement des particuliers en dehors de l’épargne salariale progresse de façon significative : 4 millions € en 2008, 9 Millions en 2009, plus de 11 Millions l’an dernier.

Un infléchissement qui montre que l’ISR ne sera bientôt plus le domaine réservé des investisseurs institutionnels.

Article paru dans l’As Patrimonial N° 36 37 Mai Juin 2011

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