OPCVM : 8ème trimestre consécutif de décollecte

Les données du marché français de la gestion collective au 3ème trimestre, publiées par EUROPERFORMANCE font apparaître une nette accélération des ventes, en août et septembre, dans un contexte d’aggravation de la crise des dettes souveraines.

 

Particulièrement fort pour les actifs à long terme, recouvrant les catégories de trésorerie dynamique, obligations, actions, les OPCVM garantis ou à formule et fonds alternatifs,  ce phénomène touche ce trimestre tous les compartiments du marché.

 

Au total, les souscriptions nettes sont négatives de 24,2 milliards d’euro, 23 milliards provenant des retraits sur les actifs à long terme.

 

Sur un an glissant la décollecte atteint près de 76 milliards d’euro !

 

A ce phénomène de décollecte s’ajoute l’impact négatif de la baisse des cours évalué ce trimestre à 45,3 milliards d’euro.

 

Au total, le marché français de la gestion collective enregistre sa plus forte baisse d’encours trimestrielle, -8,9%.

 

Les actifs sous gestion sont ainsi ramenés à 735,1 milliards soit le niveau d’avril 2005.

 

Toutes les catégories sont touchées.

 

Si la décollecte est moindre sur les OPCVM de trésorerie régulière (-1,4 milliards sur un total de 321 milliards), elle s’accélère sur les fonds de trésorerie dynamique  (-4,5 milliards d’euro) jusqu’alors préservés : il est vrai que leurs performances ont été fortement chahutées en août et septembre et s’affichent très inférieures à l’EONIA.

 

Les demandes de rachat se sont nettement accentuées sur les OPCVM obligataires : 4,1 milliards ce trimestre, plus de 12 milliards sur un an.

 

La baisse des bourses s’est traduite, à partir d’août, par de forts rachats nets sur les fonds Actions, 8 milliards d’euro sur le trimestre, qui concernent toutes les zones géographiques et tous les secteurs d’activité :

 

Les fonds actions françaises et européennes ont perdu 4 milliards  mais les fonds d’actions internationales, y compris les fonds Asie ont enregistré des souscriptions nettes négatives. Tous les secteurs d’activité ont subi des désengagements, y compris les fonds Actions Or et Matières Premières.

 

Avec des performances particulièrement négatives, l’encours de la classe d’actif en registre un recul de 22% et s’établit désormais à 161,7 milliards d’euro, soit le niveau atteint il y a deux ans.

 

 Les fonds Absolute Return, les OPCVM garantis  et la gestion alternative sont également en situation de décollecte. Il est vrai qu’ils ont parallèlement vu  leur performance se dégrader sensiblement à partir du mois d’août. Ainsi, l’indice EUROPERFORMANCE de la catégorie des fonds alternatifs Multi-stratégies réalise  un rendement trimestriel inférieur de 172 points de base par rapport à l’EONIA.

 

La dégradation de la conjoncture au quatrième trimestre laisse peu d’espoir de correction de cette tendance.

 

Article paru dans l’As Patrimonial N°41 Novembre Décembre 2011

 

Storytelling: Réenchantez votre stratégie de communication :

Sébastien Durand Editions DUNOD

 

Enfin un ouvrage pratique sur le Storytelling, l’art de raconter des histoires au service des marques et du succès des entreprises !

Sébastien Durand a occupé des postes clés dans le marketing et la communication de marques leaders dans le secteur du tourisme et du divertissement.

Il nous livre ses meilleurs pratiques pour mettre en œuvre les techniques pour ré enchanter    nos communication.

Dans une première partie il s’attache à définir le Storytelling et l’illustre d’une multitude d’exemples, dans tous les secteurs d’activité.

Puis  il explore les champs d’application du Storytelling et ses limites. Enfin, de façon très concrète, il développe une méthodologie applicable par tous, une feuille de route pour faire de votre Storytelling  une Success Story !

En 224 pages, vous découvrirez les 7 typologies narratives auxquelles  peuvent être associées les marques et les 7 secrets d’une bonne histoire. Vous saurez tout de l’art du twitt et de celui du haiku, vous découvrirez  la sérendipité, ou l’art de provoquer des hasards heureux, vous maîtriserez la colligation et le transmédia storytelling.

Chaque chapitre est ponctué de cas pratiques et d’exercices d’application.

La démarche n’est pas réservée qu’aux « majors de l’Entertainment », elle est applicable aussi aux PME et dans tous les secteurs.

Elle peut  tout à fait se décliner dans le secteur financier. L’auteur cite de nombreux exemples et on peut en identifier beaucoup d’autres dans le domaine de la gestion de patrimoine.

Plus que jamais, par ces temps de crise et de morosité, les investisseurs ont besoin de retrouver du sens et des valeurs dans leurs placements ! La confiance n’est pas qu’une question de raison, elle repose sur les émotions : le Storytelling antidote à la crise !

Telle marque de gestion privée trouve sa réassurance dans la saga d’une grande famille, telle autre dans l’histoire exemplaire de la réussite d’un dirigeant. Les fonds thématiques  ne sont ils pas là pour nous raconter de belles histoires et inscrire nos investissement  dans l’aventure des hommes et des économies !

Alors, « Arrêtez de vendre des produits, racontez vos histoires ». 

 

Excès de confiance et prise de risque : le cas des professionnels de la finance

CCR Asset Management a réalisé, en partenariat avec l’Université de Strasbourg et Morningstar, une intéressante étude sur la mesure de l’excès de confiance, la perception du risque et  ses conséquences sur la prise de risques des professionnels de la finance.

L’étude a consisté à soumettre 64 investisseurs professionnels à des questions de culture générale et à des questions financières.

Les réponses attendues pour chaque question étaient un intervalle ayant 9 chances sur dix de contenir la bonne réponse.

Ainsi, à la question « Quel a été le cours le plus bas du CAC 40 en 2010 (3287) ? », les deux exemples suivants correspondent à des réponses correctes :1 (3000 ; 3500) 2 (0 ; 10 000)

En moyenne, les personnes interrogées ont obtenues des scores de 4,94 bonnes réponses sur 10 questions générales et des scores encore plus faibles (4,74) sur les questions financières (alors que les résultats logiquement attendus étaient de 9 bonnes réponses sur 10).

Les erreurs commises sont exclusivement liées à des intervalles de confiance trop étroits, qui traduisent un excès de confiance, quel que soit le domaine, général ou financier et chacun surestime son nombre anticipé de bonnes réponses par rapport à celui de ses compétiteurs.

Ce biais de comportement n’est pas propre aux professionnels de la finance. Il a été constaté également sur d’autres populations.

Mais il se traduit sur la perception du risque, davantage liée aux caractéristiques des individus qu’aux caractéristiques des titres analysés et il influe  directement sur la prise de risque des professionnels.

Il convient donc d’en prendre conscience et de se protéger de ses propres biais dans ses décisions de gestion !

C’est ce que fait CCR AM dans la gestion de ses fonds flexibles, CCR Flex Croissance et CCR Flex Patrimoine, en bornant les décisions de ses gérants par des indicateurs de tendance.

Il en résulte une gestion « pro cyclique » qui, dans des marchés défavorables,  s’est avérée plutôt prudente.

Qu’en serait-il dans un autre contexte, la question reste posée.

Article paru dans l’As Patrimonial Septembre Octobre 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

La Logique du Hasard

Comment rapprocher les marchés et l’économie pour ne plus subir l’imprévisible.

Evariste LEFEUVRE, chef économiste de NATIXIS NORTH AMERICA, nous propose un regard critique sur les modèles économiques à l’épreuve de la crise :

prise en compte insuffisante des mécanismes de transformation du système bancaire et des innovations financières,  opacité de la nouvelle finance, sous évaluation des phénomènes extrêmes dans un monde qui ne fonctionne pas selon les lois « normales », l’illusion du retour à la moyenne…Et que dire des théories qui reposent sur la valeur de l’actif sans risque !

Cette analyse prend une acuité toute particulière au regard des événements récents.

Doit on se résigner à ne plus rien prévoir ?

L’auteur trace les pistes d’une nouvelle approche économique pour une compréhension plus active et plus réaliste des marchés.

 

 

 

Le coup de cœur de Philippe Honoré « 52 conseils éternels pour entreprendre et innover, d’après les maximes de Baltasar Gracian » de Jacques Birol

Diplômé d’HEC, Jacques Birol a présidé l’agence de publicité Publicis Etoile. Cofondateur du site Keljob.com, il dirige son cabinet Less § More et accompagne des initiatives entrepreneuriales et des projets innovants. Spécialisé dans la communication et la gestion de l’innovation, il enseigne à HEC et à l’Ecole des Mines.

Jacques Birol nous invite à une lecture très contemporaine de 52 maximes de Baltasar Gracian, sélectionnées parmi les 300 conseils « pour se faire sa place dans le monde » publiés il y a quatre siècles   dans son ouvrage consacré à « L’art de la prudence ».

Baltasar Gracian, jésuite espagnol du XVII ème, contemporain de Descartes, de Galilée et de Spinoza  se pose en contradicteur de la pensée dominante.

Que l’on ne s’y trompe pas, « L’Art de la prudence » est, nous dit Jacques Birol, « le premier manifeste opérationnel destiné à ceux qui veulent modifier l’ordre établi », « un concentré de sagesse entrepreneuriale, une véritable philosophie de l’action ». Il s’agit bien de la prudence   mise au service de l’action, du mouvement, la prudence et le réalisme nécessaires aux entrepreneurs innovants, pour maîtriser le présent et obtenir des décisions positives alors que tout s’oppose au changement !

Les principes qui guident cette prudence dynamique concordent avec les connaissances nouvelles sur le comportement des entrepreneurs, mises en lumière par les chercheurs en sciences cognitives :

Baltasar Gracian   s’oppose à Descartes  en considérant le rôle du corps dans la pensée, il comprend le pouvoir des émotions sur les prises de décision au point de conseiller de les utiliser : pour faire passer vos projets « gagner les cœurs ! ». Quatre siècles plus tard,   Antonio Damasio, neuropsychologue américain publie « l’Erreur de Descartes, la raison des émotions » et établis que les émotions jouent un rôle essentiel dans la prise de décision, tout particulièrement en situation d’incertitude!

« Homme d’action à contre courant, cognitiviste avant la lettre, c’est aussi un communicant d’aujourd’hui » souligne Jacques Birol. En s’exprimant par le biais de 300 maximes, en les diffusants largement, il prend le parti de rendre sa philosophie accessible au plus grand nombre. « Les titres de chacune d’elles sonnent comme des slogans publicitaires et la taille du contenu n’excède généralement pas la taille d’un SMS ».

L’auteur a fait un choix sélectif de 52 maximes, autant de conseils pour entreprendre et innover. Il a pris le parti de doter chacune de son miroir contemporain en faisant appel  aux penseurs et gestionnaires d’aujourd’hui, tels que Eric Schmidt, PDG de Google, Steve Jobs, Seth Godin, Daniel Carasso, fondateur de Danone ou Teery Matthews, entrepreneur exemplaire, créateur de Mitel Networks.

L’entame fait le parallèle entre l’époque de Baltasar Gracian, marquée par les bouleversements  dans les sciences, la vision du monde et la conception de l’homme, celle des premières découvertes, de Colomb, Copernic, Gutenberg,  et la révolution numérique du 21ème siècle :

« Il faut aujourd’hui plus de conditions pour faire un sage, qu’il n’en fallut anciennement pour en faire sept ; et il faut en ces temps-ci plus d’habileté pour traiter avec un seul homme, qu’il en fallait autrefois, pour traiter avec tout un peuple.»

Et l’ouvrage se conclut par une considération sur l’éthique « La vertu n’a besoin que d’elle-même, elle rend l’homme aimable durant sa vie et mémorable après sa mort. » à laquelle répond Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur du groupe Publicis: « Dans les affaires, il y a des choses qui se font, et des choses qui ne se font pas. Chez nous, on ne fait pas les choses qui ne se font pas. Si vous me demandez lesquelles, eh bien, c’est en vous que vous trouverez la réponse, c’est une question d’éducation. »

Une pensée à méditer…pour tous les entrepreneurs et pour tous nos hommes politiques…

Publié dans l’As Patrimonial N°38 Juillet Août 2011

« Service compris 2.0…360 idées pour améliorer la qualité de service à l’heure Internet » Philippe Bloch

25 ans après le succès du best seller commis avec son compère Ralph Hababou, « Service Compris »,  Philippe Bloch récidive avec un ouvrage truffé d’anecdotes et de conseils pratiques. Le « 2.0 » du titre et la publication de l’ouvrage en « quadruple play », smartphone, abonnement e mail, eBook et livre papier, sacrifient à la mode du tout numérique. Mais ne boudons pas notre plaisir, ces conseils de bon sens sont éternels et sont un rappel précieux pour être plus proche de nos clients ! En 25 ans, les banques n’ont guère progressé dans le domaine de la qualité de service et, sur ce terrain, les conseillers indépendants peuvent trouver toute leur légitimité !

Alors Philippe, pourquoi diable 360 et pas 365 ?   La qualité de service ne doit elle pas être une préoccupation quotidienne ?

Article paru dans l’As Patrimonial N° 36 37 Mai Juin 2011

Engagement actionnarial, une pratique ISR prometteuse.

Novetich a publié en février 2011, une étude sur les pratiques d’engagement actionnarial : elle porte sur l’implication des investisseurs dans les décisions d’assemblées générales et dans le dialogue avec les entreprises pour faire évoluer leurs pratiques dans une logique d’actionnariat responsable,  dans les domaines de l’environnement, de la responsabilité sociale et de la gouvernance.

Les investissements répondant à ces pratiques sont évalués par Eurosif European Study à 1 500 Mrds € soit 30% des 5 000 Mrds € comptabilisés en ISR en Europe.

En France, Novetich estime à 41% des actions détenues par les investisseurs ISR la part relevant d’un actionnariat actif.

« Engagement », en anglais dans le texte, engagement actionnarial, actionnariat actif, activisme actionnarial, dialogue actionnarial recouvrent en fait des pratiques bien différentes : de la recherche d’informations complémentaires aux données financières dans les domaines de l’environnement, des pratiques sociales et de la gouvernance, à l’instauration d’un dialogue dans la durée avec les directions générales sur les thématiques du développement durable.

Deux tendances se dégagent :

l’une militante, supportée par les associations et les ONG, qui s’appuie sur la communication et la médiatisation pour influer sur les décisions des entreprises,

l’autre, plus gestionnaire, qui repose sur un dialogue avec l’entreprise sur sa responsabilité environnementale, sociale et  de gouvernance pour apprécier, dans le long terme, la pérennité de ses résultats et  la réduction de ses risques.

C’est cette approche qu’Edmond de Rothschild Asset Management, EDRAM, a intégré depuis fin 2009 au protocole de gestion de son fonds phare « Tricolore Rendement ».

La démarche a pu surprendre mais elle est cohérente avec un mode de gestion qui repose sur une sélection rigoureuse des valeurs, dans une perspective à moyen et long terme. Le dialogue sur les critères ESGP, Environnement, Social, Gouvernance, Parties prenantes, afin d’améliorer les pratiques des entreprises, enrichit le processus de gestion traditionnel et complète la relation déjà engagées sur les critères financiers.

Ces activités d’Engagement sont communiquées dans un Reporting trimestriel. Pour conserver un caractère positif et constructif au dialogue actionnarial, la société de gestion veille à l’anonymat de ses interventions mais elle publie régulièrement ses positions sur les votes de résolutions en assemblée générale.

Il restera à obtenir un label ISR pour marquer l’aboutissement de ce processus.

La conversion de tricolore Rendement a été perçue très positivement par la clientèle institutionnelle, même si elle a   encore un impact limité sur la clientèle privée et les conseillers en gestion de patrimoine.

Ainsi, EDRAM a fait son entrée en tête des sociétés de gestion sur le marché ISR français, sur la classe actions, avec 2,7 Milliards € d’encours, loin devant Robeco, Natixis ou Amundi.

Selon l’étude publiée par Novethic, le marché de l’ISR  français a bondi de 35% en 2010, à 68,3 Mrds € (après une croissance de 70% en 2009).

L’augmentation des encours tient en grande partie à la conversion de fonds existants. Mais, pour la seconde année consécutive, l’investissement des particuliers en dehors de l’épargne salariale progresse de façon significative : 4 millions € en 2008, 9 Millions en 2009, plus de 11 Millions l’an dernier.

Un infléchissement qui montre que l’ISR ne sera bientôt plus le domaine réservé des investisseurs institutionnels.

Article paru dans l’As Patrimonial N° 36 37 Mai Juin 2011

Le coup de cœur de Philippe Honoré « Les secrets de présentation de Steve JOBS » de Carmine GALLO

Devenez aussi efficace que Steve JOBS…ou presque !

En 248 pages, 3 actes et 18 scènes, Carmine GALLO, journaliste et expert en communication, analyse pas à pas, pour notre grand plaisir, les présentations de Steve JOBS, ses fameuses « Keynotes ».

Il en tire des conseils pratiques, des règles utiles, simples, pragmatiques, une démarche exigeante et rigoureuse que chacun peut appliquer pour « passionner, captiver et convaincre un public ».

Les présentations se structurent comme une pièce en trois actes et l’ouvrage applique à la lettre cette règle de trois.

Premier acte : écrire l’histoire.

Ecrivez l’histoire qui va captiver votre public, avec un début, une fin, une intrigue. Partez  des questions que vos clients se posent, suivez un plan rigoureux, en appliquant la règle de trois (que la rhétorique classique avait déjà mise en valeur), créez des slogans « à la Twitter », des titres courts et percutants de 140 caractères maximum. Emaillez vos présentations de démonstrations et faites partager des expériences…il s’agit à la fois rassurer, d’éclairer et de faire rêver !

Acte II : jouer la pièce.

Un exposé oral ne s’adresse pas qu’à l’intellect. Il doit permettre de tisser un lien émotionnel avec l’assistance, il est fait de sons, d’images, d’expériences sensibles.

Utilisez des mots qui parlent à votre auditoire et plus votre sujet est complexe, plus vous devez être simple, concret et parler à l’affect. Lorsque Steve JOBS évoque la capacité de stockage de l’I Pod, il ne parle pas de la technologie de sa mémoire, ni de Gigaoctets… « L’I Pod, c’est mille chansons dans votre poche ». Et pour vanter son caractère compact, il ne donne pas ses mesures, il le compare… à un jeu de carte !

Une leçon à méditer pour tous les financiers…oubliez la volatilité, le Beta Gamma, la flexibilité Bottom Up et autres benchmarks.

Utilisez les diapositives avec parcimonie, privilégiez les images en plein écran et replacez les chiffres dans leur contexte. Supprimez les listes à puces. Power Point n’est pas un prompteur !

Variez le rythme et le contenu de votre exposé : l’attention ne peut pas être soutenue plus de 10 minutes d’affilée.

Acte III : répéter, améliorer et répéter encore.

Tout doit couler de source. Débarrassez-vous de vos notes. Maîtrisez votre gestuelle, le rythme et les silences…Mais pour gagner en naturel, il faut beaucoup de travail, de répétition, de remise en cause.

Et surtout, et c’est le plus difficile à imiter, il faut avoir une passion à partager : « Nous sommes là pour laisser une trace de notre passage dans l’univers » affirme Steve JOBS…et amusez vous !

« Enretenez votre passion. Entretenez votre étonnement. » Steve JOBS.

Si, après la lecture du livre de carmine GALLO, vous voulez vous entrainer, rendez vous sur YouTube… Je vous recommande la vidéo du lancement de l’I Pod. Il date de 2001 mais reste un modèle du genre.

Philippe Honoré

Article paru dans l’As Patrimonial N°35 Février-Mars 2011

Immobilier résidentiel : la hausse des prix aura-t-elle raison de la reprise ?

En 2010 de nombreux indicateurs  pouvaient inciter à la prudence sur l’évaluation des perspectives du marché immobilier. La confiance des ménages était au plus bas, les perspectives de croissance n’étaient pas suffisantes pour enrayer la hausse du chômage et le pouvoir d’achat des ménages s’érodait.

La crise de l’endettement des états semblait de nature à mettre fin à la baisse des taux et la correction des prix de l’immobilier semblait achevée.

Et pourtant, le marché apparait en nette reprise depuis un an : la production de crédit est en hausse de 25%, à 150 Md€, contre 119,5 Md€ en 2009, 141 en 2008.

La hausse des transactions dans l’ancien est identique, près de 750 000 transactions, soit un nombre analogue aux bonnes années de la décennie 90, contre 590 000 en 2009 et 620 000 en 2008.

La construction neuve frémit.

Et les prix sont repartis à la hausse: +1,5 % en 2010 selon la FNAIM (+5,3% par rapport au plus bas du 1er trimestre 2009), une hausse fortement différenciée entre Paris, les métropoles et les régions hors métropoles (+ 15,7 % à Paris).

Qu’en est-il pour 2011 ?

Cette hausse des prix, qui pèse sur la solvabilité des ménages, marque t’elle la fin de la reprise ?

Le 12ème observatoire du crédit immobilier publié fin novembre par Meilleurstaux.com indique que les taux restent au plus bas : le taux des prêts fixes à 15 ans était de 9% début 90, 5% en 2000, 3% aujourd’hui.

Pour 100 000€ empruntés, le coût du crédit a ainsi baissé de 66% depuis 1990 (soit un gain de 50 K€), la mensualité est passée de 1044€ à 720 €.

Cette diminution du coût du crédit, sur longue période, a été entièrement absorbée par la hausse des prix : selon la FNAIM et Meilleurstaux, le nombre de m2 que peut financer une mensualité d’emprunt de 1000€ est ainsi passé de 109 m2 en 2000 à 81 m2 fin 2010.

Cette baisse du pouvoir d’achat immobilier a été en partie compensée, en 2010, par la hausse de l’apport personnel.

Les facteurs conjoncturels n’ont guère évolué : la confiance des ménages  est toujours au plus bas,  les problèmes d’emploi touchent 4,6 millions de Français, la croissance fléchit et, dans ce contexte,  la marge de négociation salariale très limitée ne laisse pas espérer d’amélioration du pouvoir d’achat.

Mais le marché du logement reste soutenu par des facteurs structurels : la démographie est toujours dynamique, avec des naissances record.  Le vieillissement de la population et l’évolution des comportements (divorces, augmentation des ménages monoparentaux et des personnes isolées) conduisent à un accroissement du nombre des ménages supérieur à celui de la population. Face à ces besoins, la production de logements reste très insuffisante : 330 000 mises en chantier en 2010, 350 000 prévues en 2011 face à un besoin annuel estimé de 500 000 logements.

Malgré le recentrage du dispositif Scellier,   la politique des pouvoirs publics reste très  incitative. L’élargissement du prêt à taux zéro (avec une prévision de 380 000 acquisition financées) remplacera efficacement la déductibilité des intérêts d’emprunt.

L’affichage, désormais obligatoire, du Diagnostic de performance énergétique sur les annonces immobilières n’aura aucun impact sur les prix dans des marchés tendus.

Dans ce contexte, il n’y a aucune raison que l’évolution des prix s’inverse, même si la hausse ralentit.

L’acquisition d’immobilier résidentiel à crédit a encore de beaux jours devant elle !

Philippe Honoré

Paru dans l’As Patrimonial N°35 Février Mars 2011

De la tontine au « peer to peer lending »

Ou comment le web 2.0 donne une nouvelle modernité aux pratiques traditionnelles de la finance informelle.

Le prêt entre particuliers trouve un regain de vie sur Internet. Nées de la rencontre entre les nouvelles technologies et les évolutions du comportement des consommateurs, les plateformes de « peer to peer lending », qui mettent en relation directement des emprunteurs, particuliers ou entreprises et des prêteurs, sont apparues d’abord dans les pays anglo- saxons : Circlelending, racheté en 2001   par Virgin, devient Virgin Money, Prosper (2005),  Kiva ou Lending Club (2007) nés aux USA,   Zopa (2005), en Angleterre,  se sont ensuite développés à l’international, en Australie, Afrique du Sud, Japon, Italie, en s’adaptant aux contraintes règlementaires locales.

Ces sites organisent les pratiques de prêts entre particuliers, soit en mutualisant les risques, soit en s’appuyant sur des communautés ou des cercles « d’amis » ou familiaux, à l’instar de la tontine traditionnelle. Elles proposent des micro-crédits à visée sociale ou permettent, tout simplement, des conditions de prêts et d’emprunts plus favorables que les circuits bancaires traditionnels.

En France, Babyloan, depuis septembre 2008, est un site de micro-crédit qui permet de prêter à des micro-entrepreneurs dans une vingtaine de pays. L’internaute peut visualiser et choisir le projet qu’il finance. FriendsClear, après avoir mis en place dès fin 2008 une solution dédiée aux prêts familiaux et amicaux, a lancé en février 2010 FriendsClear Pro pour financer des projets professionnels : la plateforme met en relation des particuliers investisseurs et des porteurs de projets. Un nouveau site, « Prêt d’union » créé par un ancien banquier et un consultant devrait voir le jour au premier trimestre 2011.

Ces nouveaux acteurs restent encore marginaux sur le marché du crédit.  Mais ils ont su trouver leur public, dans de nombreux pays, et animent autour d’eux des communautés actives. La crise financière,  en rendant plus difficile l’accès au crédit et en aggravant la défiance vis-à-vis des institutions financières,   favorise le développement de ces solutions alternatives. « The world needs banking, but no bankers » affirme Bill Gates! .


Il convient de rester attentif à ces nouvelles pratiques : ces acteurs alternatifs anticipent les évolutions de comportements et sont source de véritables innovations.

Des innovations, des pratiques et des codes qui seront sans doute repris aussi par les banquiers traditionnels, y compris dans la sphère de la gestion de patrimoine : B for Bank, la banque privée 100% en ligne du Crédit Agricole ne proclame t’elle pas, elle aussi,  la disparition du banquier en affirmant « Mon banquier, c’est moi » ?

Philippe Honoré

Article paru dans l’As Patrimonial N°33-34 novembre décembre 2010